Jean BRUNE / L’ALLIANCE / LA TABLE RONDE 1962
705 pages. Roman. Jaquette légèrement passée.
Ni plaidoyer, ni réquisitoire, "Cette haine qui ressemble à l’amour" est, avant tout, une grande fresque romanesque qui promène le lecteur dans les deux camps d’une aventure guerrière et révolutionnaire. De tous les personnages du livre se détache une figure mémorable, celle du "colonel". Il a tout vu, tout compris, et il voudrait que comme lui, avec la même indépendance d’esprit, les adversaires en présence voient et comprennent, se voient et se comprennent. Généreux et dur, violent et humain, le "Colonel" est le fil qui, dans ce livre, unit des personnages aussi opposés en apparence que les petits colons intégrés à l’Afrique et les musulmans intégrés par le cœur et l’intelligence à la France.
Mais le lieu du drame est la terre d’Afrique. On y est encore comme au temps de la Bible et le soleil, l’ingratitude du sol aveuglent ceux qui devraient s’ouvrir les bras, déchaînent les passions. Il faudrait beaucoup d’amour pour que la paix revienne. Ce n’est pas impossible aux yeux de quelques-uns des hommes et des femmes si magistralement mis en scène par Jean Brune dont la connaissance de la terre d’Afrique est sans défaut.
Une foule de personnages, des décors inspirants, une hauteur de vue et une tendresse profonde pour des héros qui luttent contre tout espoir font de ce roman l’ "Autant en emporte le vent" de la guerre d’Algérie.
(commentaire repris de Babelio)