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Notre départ d’ORAN le 9 juillet : par Jules ESTEVE

D 21 mars 2013     H 16:47     A websahib     C 0 messages


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- Le 5 juillet je me trouvais rue d’Arzew, "salle des jeux automatic" avec mon copain Norbert GARCIA et son frère Daniel.

A 10h45 descendaient du haut de rue d’Arzew des camions bondés d’arabes avec drapeaux,poussant des "you you".

A 10h50 arrive une jeep avec des hommes en uniformes militaires. En descend un militaire ou policier qui commence à faire la circulation angle rue de la fonderie et rue d’Arzew à hauteur du cinéma Régent.

Il s’agissait du musulman qui travaillait au cinéma Régent comme placeur.

Les quatre autres soldats rentrent dans la salle des jeux et nous demandent de ne pas bouger, de mettre les mains derrière la tête.

Un par un nous sommes questionnés sur la connaissance de caches d’armes dans le secteur. Nous avons les mains ficelés par des liens en plastique. Le tri commence à se faire.

Avec mon copain Norbert, nous nous regardons dans les yeux et profitant d’un moment d’inattention de nos gardiens, nous montons rue de la Fonderie, rue de Salles et prenons à gauche vers la rue Bruat ; là nous trouvons refuge au domicile de la famille GARCIA. Je vais attendre 20heures pour regagner le domicile de mes parents cité Perret au pont St Charles.

Nous avons sauvé notre peau grâce à Dieu.

- Le 6 juillet mon père se rend au marché de la gare pour vendre le reste du poisson non vendu.

Là le musulman qui travaillait au marché recommande à mon père de partir au plus vite et de ne plus laisser sortir les enfants.

- Le 7 et 8 juillet nous nous dépêchons de mettre le maximum de vêtements + la machine à laver dans une 2cv fourgonnette.

Ne trouvant plus de places aux messageries maritimes,mon frère Gilbert qui effectuait son service militaire à la base de MERS EL KEBIR a demandé à son pacha de bien vouloir lui rendre un service.

C’est ainsi que nous avons embarqué à bord de ce bateau "transport de matériel de guerre", le BLAVET.

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Avec 213 civils nous y avons passé 2 nuits.

Mon oncle RUIZ François qui nous accompagnait a dit à mon père à hauteur de la pointe de Kristel :

"MIRA EMILIO SANTA CRUZ ES LA ULTIMA VEZ QUE PUEDE ADMIRAR ORAN"

Nous remercions vivement ce patron de la base de MERS EL KEBIR.

- Le 12 juillet au matin nous accostons à Toulon vers 7h.

C’est le début d’une vie forcée qui commence en Métropole. Je remercie encore la marine nationale !

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