Le Parti Communiste Algerien 1954 - 1962

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Le Parti Communiste Algérien (PCA), crée en 1924, était une branche du Parti Communiste Français (PCF).
Au début il ne comporte que des Européens. Sa presse sera jusqu’en septembre 1955 l’hebdomadaire LIBERTE, relayé ensuite par le quotidien algérois ALGER REPUBLICAIN. Ce quotidien fera sans cesse de la propagande en faveur des rebelles jusqu’en septembre 1956 où il sera suspendu.

Le PCA avait une implantation relativement importante dans la population Européenne, du même ordre qu’en Métropole. BAB EL OUED était lors un fief communiste.

Les dirigeants du PCA n’arrivèrent pas à se faire admettre par les nationalistes Algériens et les quelques actions
à mettre à leur compte resteront marginales et amateuristes. Après la "Bataille d’Alger" on n’entendra plus parler d’eux.

Le fait que BAB EL OUED basculera de bastion communiste en bastion farouchement "Algérie Française" explique l’abîme qui séparait les dirigeants des militants de base et l’échec final.

Le PCA s’efforcera de créer un maximum d’agitation par l’intermédiaire de l’UGTA (équivalent de la CGT).
Il pris position à retardement pour l’indépendance algérienne, André MOINE et Camille LARRIBERE estimant prématurée l’entrée dans la lutte armée. Le 2 Novembre 1954, Le journal communiste, l’Echo Républicain, traite les responsables de l’insurrection de "provocateurs" et "d’agitateurs inconscients". Quelques mois plus tard le PCA approuvera et aidera le FLN.

Le Secrétaire du PCA, Paul Caballero, organise une aide logistique pour les rebelles par le biais du Secours Populaire Algérien (SPA).

Le 20 Juin 1955 : Le PCA décide de s’engager dans la lutte armée à coté du FLN. Paul CABALLERO est arrété et le PCA interdit.


4 Avril 1956 : Désertion de l’Aspirant MAILLOT :
Henri Maillot était militant communiste, comme son père, employé au journal Alger Républicain.
Il s’était rendu au Congrès des Jeunesses communistes de BUDAPEST. Octobre 1955, il est rappelé sous les drapeaux au 9ème BTA (Bataillon de Tirailleurs Algériens) à Miliana. Il cache ses opinions et appartenances politiques. Interrogé par son chef de bataillon, il affirmera ne jamais s’être rendu à Budapest et qu’il avait quitté la CGT en 1951. Il signe même une déclaration sur l’honneur attestant sa non-appartenance au PC. Avril 1956, son bataillon se transforme en 504ème Bataillon du Train, nécessitant la restitution des armes excédentaires à l’ERM d’Alger. Cette mission lui est confiée. Il s’entend avec le chef du PCA à Alger, le docteur HADJERES, pour lui livrer tout son chargement. Il amène son camion le 4 avril 1956 dans la forêt de Baïnem, où l’attend un comité d’accueil de trois militants. Après avoir neutralisé le chauffeur du camion, retrouvé ligoté, les quatre hommes chargent les armes dans une camionnette et rejoignent Alger, où le butin est entreposé dans une villa. L’affaire eut un grand retentissement. Le stock d’armes se composait de : 84 revolvers, 121 Pistolets Mitrailleurs, 58 fusils et des munitions. Maillot se réfugia ensuite à Alger, fut hébergé une nuit au presbytère de Saint-Joseph (Bab el Oued) par l’abbé SCOTTO, qui le mit à la porte quand il l’identifia, mais l’envoya quelques jours au presbytère d’El Biar, aux bons soins de l’abbé DESROUSSEAU. Ceci souligne l’amateurisme dans lequel cette action a été conduite.
Le 7 Mai MAILLOT rejoint le "Maquis Rouge", constitué Abdelkader BABOU, Mohamed BOUALEM et Mustapha SAADOUN dans une grotte des Béni Boudouane près d’Orléansville. Ils reçoivent, grâce à la complicité de l’institutrice Marylise BEN HAIM, le renfort du sous-lieutenant déserteur Abdelhamid GUERAB, de Maurice LABAN (ancien des Brigades internationales). Leur effectif ne dépassa jamais huit hommes. Armés initialement de 4 vieilles armes, ils tuent un des chefs de village des Béni Boudouane, secteur du bachaga BOUALEM. Echappant à leurs poursuivants, ils se réfugient au douar Medjadja. Ayant reçu 20 armes du lot
volé ils font une expédition punitive dans les Béni Rached où ils assassinent quatre "traîtres". Ils reviennent dans les Béni Boudouane. Le bachaga BOUALEM est prévenu. Les habitants capturent un ravitailleur qu’ils livrent au capitaine CONILL chef de SAS.

5 Juin 1956, MAILLOT et LABAN sont tués dans l’opération qui est rapidement montée par CONILL, avec la participation de la 2ème compagnie du 504ème BT à laquelle appartenait MAILLOT. GUERAB et BOUALEM réussissent à s’enfuir, ils seront arrêtés début septembre. Le PCF se démarquera "officiellement" de cette affaire mais on entendra régulièrement dire que MAILLOT est resté fidèles à ses idées et a accompli son devoir de patriote algérien.

26 Aout 1956 : Le sergent FAVRELIERE du 8ème RCP déserte en libérant un prisonnier.

6 Octobre 1956 : Le général MASSU échappe à un attentat à ALGER. Le commando était composé d’européens communistes
et de musulmans.

14 Novembre 1956 : Arrestation d’un communiste, Fernand YVETON, après qu’il ait déposé une bombe sur son lieu de travail (l’usine à gaz du RUISSEAU). L’engin sera désarmorcé à temps.

Novembre 1956 : Plusieurs attentats à la bombe exécutés par les communistes à Alger : des mort et des blessés.

28 Novembre : bombes communistes dans Alger

29 Décembre 1956 : des bombes communistes explosent dans 4 églises. Dégats sans victimes.

6 Janvier 1957 : Arrestation de terroristes communistes à ALger, dont leur chef Abdelkader GUERROUDJ.

11 Janvier 1957 : Expulsion du médecin chef de l’hopital de JOINVILLE pour ses relations avec le FLN.

26 Janvier 1957 : Bombes dans 3 cafés du centre d’ALGER : l’OTOMATIC, La CAFETARIA (déjà visée) et le COQ HARDY :
5 morts et 40 blessés graves.

27 Janvier 1957 : les artificiers terroristes sont arrétés : Daniel TIMSIT et Giorgio ARBIB.

28 Janvier 1957 : 3 autres communistes arrétés : Daniel MINNE, sa mère et Mme NETER : ils avaient amené la bombe à YVETON.

5 Février 1957 : Arrestation d’Henri ALLEG, directeur du journal communiste "ALGER REPUBLICAIN". Fermeture du journal.

12 Février 1957 : Le communiste YVETON, poseur de bombe, est guillotiné.

22 Février 1957 : BEN KHEDDA, KRIM BELKACEM, ABANE RAMDANE et DAHLAB, 4 fondateurs du FLN qui se cachaient à ALGER,
quittent la ville devenue dangereuse pour eux à bord d’une voiture conduite par la femme d’un médecin algérois communiste. Ils rejoindront le Maroc et/ou la Tunisie.


11 Juin 1957 : On est au milieu de la bataille d’Alger. Maurice AUDIN est professeur de Mathématiques à l’Université d’Alger. Les lieutenant CHARBONNIER et quelques parachutistes viennent le chercher à son domicile. Pendant quatre jours, l’appartement est transformé en souricière et sa femme "sequestrée" avec ses trois enfants. C’est ainsi qu’Henri ALLEG, directeur du quotidien interdit Alger Républicain, est arrêté le 12 juin alors qu’il rendait visite à son ami. La souricière
est levée le 15 juin au soir et Mme Josette AUDIN laissée libre. Le 21 juin 1957 l’armée indique que Maurice AUDIN s’est évadé et on n’entendra plus parler de lui. Le Parti Communiste fera grand bruit autour de cette "disparition" et le Maire de Paris, Bertrand DELANOE, donnera son nom à une place de Paris en 2004.

26 Novembre 1957, BORDJ BOU ARRERIDJ : La militante communiste Raymonde PESCHARDE est tuée. Elle avait placée une bombe meutrière à Alger.