Peut on jamais avoir la certitude de ne pas se tromper quand on adopte une ligne de conduite et qu’on prend une décision capitale ?
par Jean-Claude THIODET
Quatre hommes au rang le plus élevé , ont incarné le régime de Vichy : le maréchal Pétain, chef de l’Etat français ;« Pierre Laval et l’amiral Darlan », l’un et l’autre vice-président du conseil ; Pierre Pucheu, ministre de l’intérieur.
Tous , à l’exception de Philippe Pétain, grâcié après sa condamnation à la peine capitale, ont trouvé une mort violente, Laval et Pucheu fusillés, Darlan assassiné.
L’originalité profonde du nouveau livre d’Alain Decaux nait du fait que chacun de ces personnages entre en scène au moment précis où s’amorce le processus qui le conduira à la mort.
Pétain arrété par les allemannds à Vichy ; Laval alors qu’il tente, en aôut 1944 de réunir l’assemblée nationale à Paris, pour transmettre légalement le pouvoir de Pétain à de Gaulle ;
Darlan accouru à Alger au chevet de son fils mourant, et rencontrant les américains à peine débarqués ;
Pucheux, croyant faire oublier son choix de 1940, au moment où il quitte la France de Pétain pour l’afrique du nord de Giraud.
Pour tous ces destins, la même fatalité : chacun des quatre protagonises aurait pu échapper à l’issue ultime.
Aucun ne la voulu
« Morts pour Vichy » permet de juger sur pièces ces cas tragiques, à l’aide notamment des documents nouveaux réunis par l’auteur tout au long de sa carrières d’historien et dont beaucoup renouvellent la version traditionnelle des faits.
En montrant Pétain, Laval, Darlan et Pucheu face à la mort, Alain Decaux, avec le talent qu’on lui connait, nous propose une vérité saisissante