
Le 13 MAI 1958 Chronologie des évènements du 13 MAI au 4 JUIN 1958
Ces textes sont la synthèse d’un ouvrage - édité à l’époque en 5000 exemplaires - nous allons essayer de le rendre disponible en format PDF - suivre cet article cela sera annoncé ici.
Les PREMICES du 13 MAI 1958
– Le 8 Février 1958 l’aviation française, lancée à la poursuite des fellaghas, bombarde SAKIET SIDI YOUSSEF en territoire Tunisien : 70 morts. BOURGUIBA bloque la base navale de BIZERTE et en appelle à l’ONU. Le gouvernement Félix GAILLARD suggère de faire appels aux bons offices anglo-américains. L’Assemblée le désavoue et il doit démissionner.
– Pierre PFLIMIN, qui doit succéder à Félix GAILLARD à la présidence du conseil, est soupçonné de vouloir négocier.
– Le 10 Mai, le FLN annonce l’exécution de 3 soldats français prisonniers en Tunisie : Les soldats DECOURTEIX, FEUILLEBOIS et le sergent RICHOMME.
– Ces exécutions provoquent un mouvement d’indignation en Métropole et en Algérie. Une grève générale est décrétée pour le 13 mai en Algérie ainsi qu’une manifestation au monument aux morts.
MARDI 13 MAI 1958
– dès 13h la grève est totale à alger.
– 14h30 : La foule converge vers le monuments aux morts au plateau des Glières.

– 15h : Le centre culturel américain est mis à sac (les Etats Unis pressaient la France de négocier avec les rebelles). A Paris, Pierre PFLIMLIN demande l’investiture de l’Assemblée Nationale où il tient un discours d’abandon de l’Algérie.
– 16h : 100.000 personnes sont rassemblèes au plateau des Glières.

– 17h30 : dépot de gerbes par les autorités (SALAN, JOUHAUD, ALLARD, MASSU, l’amiral AUBOYNEAU, le préfet d’Alger Serge BARRET,...).
Robert LACOSTE, gouverneur de l’Algérie, est absent en métropole.

– Au moment précis où la cérémonie touche à sa fin, un CRS chargé de la garde du ministère de l’Algérie lance un grenade lacrymogène.
Cette explosion déclenche la ruée des manifestants, entrainés par Pierre LAGAILLARDE, vers la place du Forum.
Après une courte échauffourée, les grilles du ministère de l’Algérie (appelé plus communément le GG) sont enfoncées par un camion GMC. Puis la porte centrale cède sous les coups d’une citroën issée à bras d’hommes et transformée en bélier.

– 18h45 : le Ministère de l’Algérie est occupé puis saccagé. Les dossiers passent par les fenètres.


– 19h35 : SALAN, ALLARD, MASSU arrivent au "GG" et tempère l’effervescence. Une réunion est improvisée dans le bureau de Mr MAISONNEUVE, adjoint de Robert LACOSTE. Un Comité de Salut Public (CSP) est crée. MASSU accepte d’en prendre la présidence.
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– 20h45 : la création du CSP est annoncé à la foule. Un télégramme est envoyé au Président René COTY : "Vous rendons compte de la création d’un Comité de Salut Public civil et militaire à ALGER, présidé par le général MASSU, en raison de la gravité de la situation, de la nécessité de maintenir l’ordre et d’éviter toute effusion de sang. Nous attendons la constitution d’un gouvernement de salut public, seul capable de sauver l’Algérie, partie intégrante de la France.".
Le président du conseil (démissionnaire) est à l’époque Félix GAILLARD.
– La première mesure arrétée par le CSP est la prise de possession de la Radio Télévision Française en Agérie. L’occupation des studios est effectuée par quelques membres du CSP accompagnés d’une compagnie de parachutistes.
– Pendant ces évènements à Alger, des manifestations se déroulaient dans la plupart des villes et villages d’Algérie.
– Quand les nouvelles d’Alger arrivent à Paris, PFLIMLIN n’est pas encore investi. C’est à Félix GAILLARD qu’incombe la tache des mesures à prendre. Il décide que le général SALAN est habilité à prendre les mesures qui s’imposent pour la protection des biens et des personnes, déroute tous les navires et avions à destination de l’Algérie et coupe les liaisons téléphoniques.
MERCREDI 14 MAI 1958
– 2h45 (du matin) : La foule qui campe toute la nuit sur le Forum apprend que Pierre PFLIMLIN a été investi par 280 voix contre 126, les communistes s’étant abstenus.
– 3h00 : Léon DELBECQUE , représentant de Jacques SOUSTELLE, donne lecture de la proclamation du général SALAN : " Ayant mission de vous protéger, je prends provisoirement en mains les destinées de l’Algérie Française. Je vous demande de faire confiance à l’Armée et à ses chefs et de montrer par votre calme votre détermination.".
Ce communiqué sera affiché immédiatement dans les rues d’ALGER.
Cette prise de position du général SALAN consacre un état de fait nouveau.
– 4h00 : Le général MASSU donne lecture au balcon du GG du premier communiqué du CSP : "Le gouvernement d’abandon de Pierre PFLIMIN vient d’être investi avec la complicité des députés communistes....Jacques SOUSTELLE a été empéché de venir nous rejoindre. Le Comité de Salut Public supplie le Général De GAULLE de vouloir rompre le silence en s’adressant au pays afin de former un gouvernement de Salut Public......."
– 8h00 : la composition du CSP (Comité de Salut Public) est publié avec la signature du général SALAN) :
– Général MASSU
– Colonel THOMAZO
– Colonel TRINQUIER ........... 3ème RPC
– Colonel DUCASSE
– Auguste ARNOUD .............. pilote
– André BAUDIER ............... commis aux HLM
– Mohamed BERKANI ............. comptable
– Thaieb CHIKH ................ agriculteur
– Maurice COULONDRE ........... agent immobilier
– Léon DELBECQUE .............. conseiller défense nationale)
– René DENIS .................. directeur commercial
– Claude DUMONT ............... directeur commercial
– Armand FROMENT .............. ingénieur
– Joseph JOLIVET .............. conducteur de travaux
– Pierre LAGAILLARDE .......... avocat
– Jean LALANNE ................ directeur commercial
– Jacques LAQUIERE ............ avocat
– Bernard LEFEVRE ............. docteur
– Jean L’HOSTIS ............... ingénnieur ponts & chaussées
– Mohand Saïd MADANI .......... Contremaitre
– Saci MADHI .................. Commandant en retraite
– Robert MARTEL ............... Agriculteur
– Claude MARTIN ............... Industriel
– Jacques MERLO ............... Ingénieur CFPA
– Gabriel MONTIGNY ............ Agent nce
– Paul MOREAU ................. Directeur de Société
– Maurice MOUCHANT ............ Directeur d’Ecole
– Roger MULLER ................ Professeur
– Edgar NAZARE ................ Ingénieur Aéronotique
– Lieutenant NEUWIRTH
– Rodolphe PARACHINI .......... Employé Shell
– Armand PERROU ............... commercial
– André PROST ................. Expert prés les tribunaux
– André REGARD ................ Secrétaire général ministère de l’Algérie
– Alain de SERIGNY ............ Directeur de l’Echo d’Alger
– Armand VACHER ............... Chef de service
– René VINCIGUERRA ............ Administrateur
– Capitaine Jacques ENGELS
– Capitaine Robert MARION
– Capitaine Charles RENAUD
– Maurice CRESPIN ............. représentant
– Roger GOUTAILLER ............ Commerçant
– Jean ORTIZ .................. Commerçant
– Jacques ROSEAU .............. Lycéen
– L’exemple fait tâche d’huile. Tous les villes et villages d’Algérie constituent des CSP englobant européens, musulmans et militaires. Voici l’un des télégrammes arrivés à Alger : "..... Fatigués des abandons successifs de nos gouvernants, nous venons nous rallier au Comité de Salut Public d’Alger... signature : les officiers commandant les postes de FORT-FLATTERS, EDJELE, IN-SALAH et TAMANRASSET".
– La préfecture d’ORAN fait de la résistance. Elle sera prise d’assaut et dévastée. Le préfet remet ses pouvoirs au général RETHORE.
– A partir du 14 Mai, et durant 3 semaines, il se passera chaque jour à partir de 18 heures une "montée populaire" au Forum avec une particiaption massive des musulmans. Ces manifestations arracheront des larmes mêmes aux plus sceptiques.

– A Paris PFLIMLIN tente de faire front. Il confirme au général SALAN la délégation de pouvoir donnée par Félix GAILLARD mais en la limitant au département d’ALGER. Il élargit le gouvernement en faisant entrer Guy MOLLET, Jules MOCH, quelques députés indépendants et fait interner un certain nombre de personnes jugées dangereuses. Cet élargissement est placé sous le signe de la défense de la légalité républicaine.
– SOUSTELLE, BIDAULT, DUCHET et MORICE publie une déclaration commune justifiant le soulèvement du 13 mai.
– Le Président René COTY adresse aux troupes d’Algérie un message où il les exhorte "...à rester dans le devoir sous l’autorité du gouvernement".
JEUDI 15 MAI 1958
– Au raidissement de Paris, Alger oppose la constitution d’un gouvernement de Salut Public présidé par De Gaulle.
– 10h30 : allocution du général SALAN au balcon du Forum : "Algérois, mes amis, sachez tout d’abord que je suis des votres puisque mon fils est enterré au cimetière du clos Salembier, sur cette terre qui est la votre. Depuis 18 mois je fais la guerre aux fellaghas, je la continue et nous gagnerons.... avant hier à BISKRA, sept mille musulmans sont allés porter des gerbes au monuments aux morts...l’action menée ramène prés de nous les musulmans de ce pays....... Vive la FRANCE, Vive l’Algérie Française". Léon DELBECQUE, dans le dos de SALAN, le pousse à dire la phrase fatidique "Vive De GAULLE".
La rupture avec Paris est consommée.

– 15h : De Gaulle fait parvenir un communiqué aux agences de presse : "La dégradation de l’Etat entraine infailliblement l’éloignement des peuples associés, le trouble de l’armée au combat, la dislocation nationale, la perte de l’indépendance. Depuis douze ans, la FRANCE, aux prises avec des problèmes trop rudes pour le régime des partis, est engagée dans un processus désastreux. Naguère, le pays dans ses profondeurs m’a fait confiance pour le conduire.....Aujourd’hui....qu’il sache que je me tiens prêt à assumer les pouvoirs de la République."
La joie éclate à Alger où le couvre feu n’est plus respecté.
A Paris PFLIMLIN persiste dans sa tentative d’isolement de l’Algérie. Maurice FAURE déclare : "ils n’auront plus d’essence, de vivres, de médicaments...ils seront bien obligés de capituler". MENDES-FRANCE, MITTERAND, LE TROQUER essaie d’organiser la défense de la République.
La population métropolitaine ne semble pas croire que la République soit en péril.
VENDREDI 16 MAI 1958
– En métropole la censure s’efforce de cacher l’ampleur du mouvement déclenché à ALGER. Radio-Algérie est brouillée. La presse métropolitaine est attentiste.
– Le colonel FAUGAS, venant d’Alger, est reçu par PFLIMLIN et De CHEVIGNE et leur fait un compte rendu précis de ce qui se passe en Algérie. Il suggère que le blocus soit atténué. Refus brutal de De CHEVIGNE.
– MASSU envoie à nouveau un message au Président de la République.
– 18h : la CASBAH descend au Forum, souvenir inoubliable pour ceux qui l’ont vécu. Mohamed Saïd MADANI déclare : "... Lorsque la France est arrivée ici il y a 127 ans il y avait 2 millions de musulmans. C’est grace à sa civilisation et à ses réalisations que les musulmans sont maintenant 10 millions....Les ETATS UNIS, eux, ont fait disparaitre les indiens ..... Les chiens du FLN doivent disparaitre..." Puis la foule chante une vibrante marseillaise et forme une longue chaine de l’amitié avec les européens.

– A Paris, l’Assemblée Nationale étend pour 3 mois l’état d’urgence au territoire métropolitain : 461 voix contre 114. Le discours de Georges BIDAULT fait quitter l’hémicycle à Maurice SCHUMAN : ".... on nous demande une procédure d’exception pour la défense du régime et non de la Nation....".
– Léon DELBECQUE est élu vice-président du CSP

SAMEDI 17 MAI 1958
– Le CSP nomme à sa présidence le Docteur SID CARA, ancien secrétaire d’état à l’Algérie au cabinet de Félix GAILLARD.

– 12h30 : la nouvelle "tombe" que Jacques SOUSTELLE vient d’arriver à l’aérodrome de MAISON BLANCHE, ayant réussi à déjouer l’interdiction qui lui était faite de ne pas quitter la métropole. SOUSTELLE avait été nommé Gouverneur de l’Algérie par MENDES-FRANCE... "Ce n’est qu’un aurevoir" avait-il dit le 2 février 1956 lors de son départ d’Alger. Alger se rue au Forum une fois de plus. A SALAN qui est venu l’accueillir à l’aéroport, SOUSTELLE dit se mettre au service de l’Algérie et ne veut surtout pas géner les démarches en cours.

– 15h45 PFLIMLIN re-dit catégoriquement à SALAN qu’il ne démissionnera pas et semble jouer la carte de l’usure.
– 16h30 : Jacques SOUSTELLE est au FORUM : "Algériens, Algériennes, mes amis ! Me voici parmi vous.... j’ai décidé de revenir à Alger, au milieu du peuple, au milieu de l’Armée. J’ai choisi la liberté et la Patrie. Je viens me mettre à la disposition de l’Algérie Française qui vient de donner un magnifique exemple de fraternisation....".
– Des femmes musulmanes brulent leurs voiles sur le Forum.
– Le général ELY, chef d’Etat Major des Armées, démissionne. Son ordre du jour aux Armées sera interdit de publication par le Gouvernement qui par ailleurs autorise l’envoi de médicaments et de vivres à destination de l’Algérie.
DIMANCHE 18 MAI 1958
– SOUSTELLE se rend au monument aux morts, puis au CSP.
– 17h15 : Ce sont les femmes musulmanes qui se rassemblent au Forum et font entendre leurs "youyous". Nombreuses sont celles qui se dévoilent.
– Dans toute l’Algérie les manifestations du même genre se multiplient.
– Jules MOCH relève de ses fonctions Serge BARRET, préfet d’Alger et rappelle certaines catégories de réservistes de la gendarmerie.
– Le ministre de l’Algérie, Robert LACOSTE, croit utile de rappeler son existence en publiant un communiqué disant que l’acheminement du courrier et des colis destinés aux soldats est autorisé.
– Le Général De GAULLE reçoit à COLOMBEY de nombreuses visites....
LUNDI 19 MAI 1958
– SOUSTELLE se rend à BOUFARIK pour son premier déplacement, accompagné des généraux ALLARD, MASSU et VANUXEM.
– A Paris De GAULLE tient une conférence de presse. Il souligne qu’en quittant les affaires il avait prévu que les partis ne pourraient pas gérer le Pays et qu’il est un homme seul n’appartenant à personne et à tout le monde. Il justifie l’action de l’Armée et de son Commandement en Algérie. Il termine par ses mots : "Croit-on qu’à 67 ans je vais commencer une carrière de Dictateur ?"
– La SFIO et le Gouvernemnt "constatent que le général De Gaulle a réclamé des pouvoirs exceptionnels confiés dans le cadre d’une procédure exceptionnelle reniant ainsi la Constitution de la République".
MARDI 20 MAI 1958
– Défilé au Forum de délégations de diverses villes d’Algérie : ROUIBA, BENI-MESSIRA, etc. Discours de SALAN, MASSU, SOUSTELLE.
– L’assemblée Nationale renouvelle sa confiance au Gouvernement par une large majorité.
– En Métropole quelques arrestations. Les généraux CHALLE et MARTIN sont assignés à résidence.

MERCREDI 21 MAI 1958
– Le Gouvernement envoie en Algérie un émissaire, le général LORILLOT.
JEUDI 22 MAI 1958
– SALAN, JOUHAUD, MASSU et SOUSTELLE se rendent à ORAN et MOSTAGANEM. Imposante manifestation à MEDEA.
– 3 députés rallient l’Algérie : Raymond DRONNE (SARTHE), Pascal ARRIGHI (CORSE), HENAULT (MANCHE).
– A Paris l’espoir d’amener ALGER à composition s’amenuise. Le Gouvernement envisage une modification de la constitution pour renforcer ses pouvoirs et guérir la 4ème République de son instabilité.
– PINAY, qui est opposé au retour du général De GAULLE, va le voir à Colombey probablement sur recommandation de René COTY.
VENDREDI 23 MAI 1958
– Réorganisation du CSP :
Présidents : MASSU et SID CARA
Vice Présidents : JOUHAUD, DELBECQUE, AZZEM OUALI
Création de commissions et vote d’une charte statutaire afin de se donner plus de consistance.

– En Métropole, la presse estime que le retour du général De GAULLE devient inéluctable. PINAY rend compte de sa visite à René COTY et insiste pour que le Gouvernement rencontre De GAULLE.
PFLIMLIN, dans une allocution radio-télévisée, se refuse à cette rencontre et estime que la réforme de la constitution suffit à résoudre la crise.
– A Alger, dans la nuit, un avion décolle à destination de la CORSE avec à son bord : Le capitaine BAUER, Pascal ARRIGHI, Hubert PALDACCI, Antoine BELGODERE et Augustin RENUCCI.
SAMEDI 24 MAI 1958
– SALAN amnistie 1447 personnes assignées à résidence pour motifs mineurs.
– Manifestations diverses en Algérie dont celle de LAMARTINE avec le général GRACIEUX et le BACHAGA BOUALEM.
– En CORSE, la mission partie d’Alger arrive à CALVI à 6h du matin. Elle prend contact avec le capitaine MANTEI qui commande le 11ème Choc. Une manifestation est organisée pour 18 heures à AJJACIO. Le préfet, Marcel SAVREUX, bien que tenté par les évènements d’Alger, refuse l’autorisation de manifester et avertit que des renforts de CRS doivent arriver. Henri MAILLOT organise la manifestation et l’occupation de la préfecture tandis que le 11ème Choc neutralise les CRS qui se rallient aux mouvement. Un comité de Salut Public est crée. Les, manifestations "Algérie Française" dureront toute la nuit.
Ce ralliement de la CORSE enfonce un peu plus le Gouvernement.
DIMANCHE 25 MAI 1958
– La KABYLIE descend au Forum, manifestations à L’ALMA, SETIF, BOU-TLETIS, etc...
– A BASTIA la sous préfecture est occupée. Une délégation du CSP d’ALGER se rend en CORSE.
– A PARIS, Albert GAZIER, au nom du Gouvernemnt, diffuse le communiqué suivant : "....Après le coup de force d’AJACCIO, des sanctions disciplinaires seront prises contre les agents de l’Etat, civils et militaires, qui ont commis des actes de subversion...les relations maritimes et aériennes avec la CORSE sont coupées...."
Jules MOCH appelle la classe ouvrière à se mobiliser contre l’arrivée des parachutistes. Mais la population semble plutôt partir en vacances (Pentecôte).
LUNDI 26 MAI 1958

– BISKRA, BONE, CONSTANTINE reçoivent SOUSTELLE et SID CARA.
– Le colonel THOMAZO est nommé par ALGER commandant civil et militaire de la CORSE.
– L’assemblée nationale prononce la déchéance de Pascal ARRIGHI par 396 vois contre 175. A la fin de la séance PFLIMLIN rencontre en secret De GAULLE à LOUVECIENNES.
MARDI 27 MAI 1958
– Manifestation des corps de métiers sur le Forum avec à leur tête les syndicats.
– Nouvelle déclaration de De GAULLE : "J’ai entamé hier le processus régulier nécessaire à l’établissement d’un gouvernement républicain capable d’assurer l’unité du pays.... Dans ces conditions, toute action, de quelque côté quelle vienne, qui met en cause l’ordre public, risque d’avoir de graves conséquences. Tout en faisant la part des circonstances, je ne saurai l’approuver. J’attends des Forces Armées en Algérie qu’elles demeurent exemplaires sous les ordres de leurs chefs : Les généraux SALAN, JOUHAUD et l’amiral AUBOYNEAU. A ces chefs, j’exprime ma confiance et mon intention de prendre contact incessamment avec eux".
Ce communiqué fait l’effet d’une bombe. L’entrevue De GAULLE-PFMIMLIN était restée secrète. Pourquoi De GAULLE a-t-il précipité les évènements ?
– Les Socialistes, les Radicaux Valoisiens et les Communistes restent intransigeants. Par 408 voix contre 165 les députés votent la réforme de la Constitution.
– Quelques instants plus tard, PFLIMLIN remet sa démission malgré le désaccord des députés.
MERCREDI 28 MAI 1958
– Au Forum ce sont les délégations des personnels communaux et d’Air France qui défileront. MASSU est à BLIDA et grande manifestation féminine à PHILIPPEVILLE.
– en Métropole Max LEJEUNE essaie d’amener la SFIO à composer. René COTY envoie LE TROQUER et MONNERVILLE pressentir De GAULLE.
– Vincent AURIOL envoie une lettre à Colombey : "C’est votre ministre d’Etat de 1945 qui vient vers vous...Nous nous sommes naguère heurtés, voir blessés alors que mon devoir Constitutionnel s’opposait à votre activité révisionniste...Je connais votre soucis de maintenir l’unité nationale...Mais votre réponse directe à des hommes en révolte à Alger contre la souveraineté nationale a aggravé le malaise.... il s’agit d’une rebellion contre les lois de la France...Il n’est pas possible que vous acceptiez d’être le représentant de vos ennemis d’hier, de ceux qui vous insultaient après les discours de Brazzaville et de Constantine, refusant d’abandonner leurs privilèges et provoquant ainsi la rebellion musulmane....Je suis persuadé qu’à la clarté des évènements vous vous efforcerez de ramener au devoir les généraux qui ont failli à leur devoir....."
– Le 30 juin De GAULLE lui répondra : "Les évènements d’Algérie ont été provoqués par l’impuissance chronique des pouvoirs publics à laquelle, naguère, j’ai tout fait pour y remédier. La révolte s’est accomplie en invoquant mon nom, sans que j’y sois mélé. Or je me heurte de la part de la représentation nationale à une opposition déterminée...."
JEUDI 29 MAI 1958
– Au forum, discours du colonel Si CHERIF

– Le navire école "Jeanne d’Arc" fait escale à ARZEW et les cadets viennent déposer une gerbe au monument aux morts.
– René COTY demande à l’Assemblée Nationale d’accepter d’examiner avec De GAULLE comment il pourrait dans le cadre de la légalité républicaine accéder au pouvoir. de son coté De GAULLE explique dans un communiqué les conditions qu’il met pour accepter d’accéder au pouvoir.
– Le colonel JEANPIERRE, chef du 1er REP, est tué au combat.
VENDREDI 30 MAI
– Son et lumière au Forum où 2 projecteurs éclairent une grande croix de lorraine devant 300.000 personnes. En métropole manifestations spontanées sur les champs élysées et diverses villes.
SAMEDI 31 MAI 1958
– Rassemblement habituel au Forum (personnels hospitaliers), parade navale dans le port d’ALGER, manifestation à KOUBA.
– dernier adieu au colonel JEANPIERRE à EL ALLIA en présence de tous les chefs militaires.
– 10h30 PFLIMLIN rencontre De GAULLE à l’hotel La Pérouse à Paris, puis est reçu par le Président COTY qui accepte sa démission.
– 11 h : 27 leaders de la majorité parlementaire se réunissent à l’hotel La Pérouse autour de De GAULLE.
– 15h30 : De GAULLE reprend ses consultations. On lui indique que les Socialistes ont décidé de voter son investiture par 78 voix contre 75.
– 18h30 : Le général De GAULLE arrive à l’Elysée.
– 19h10 : De GAULLE s’en retourne. COTY dit : "j’espère que la crise est terminée...l’assemblée en décidera demain".
DIMANCHE 1er JUIN 1958
– ALGERIE : Manifestations à EL BIAR et ROUIBA
– 15h : PARIS, l’assemblée nationale ouvre sa séance. De GAULLE expose son projet, demande les pleins pouvoirs pour six mois puis quitte le palais BOURBON. Suivent les explications de vote.
– 21h20 : résultat du vote : De GAULLE est investi par 329 voix pour et 224 contre.
LUNDI 2 JUIN 1958
– De GAULLE avertit SALAN qu’il sera en Algérie mercredi 4 juin. L’information est aussitot diffusée sur Radio Algérie.
– On apprend que dans le nouveau gouvernement figure Guy Mollet, PFLIMLIN, Antoine PINAY, Michel DEBRE,... (douche froide à Alger)
– SALAN part à PARIS rencontrer De GAULLE.
– l’assemblée nationale renouvelle les pouvoirs spéciaux, accorde les pleins pouvoirs pour six mois et débat du projet de révision de la constitution qui sera soumis à référendum.
MARDI 3 JUIN 1958
– ALGER se pavoise pour l’arrivée de De GAULLE le lendemain.
– 14h40 : PARIS : De gaulle reçoit les généraux SALAN, JOUHAUD et DULAC.
MERCREDI 4 JUIN 1958
11h20 : La caravelle de De GAULLE arrive, encadrée par huit Mistral. Sur les 20 kms qui séparent l’aéroport du centre ville la foule est estimée à 300.000 personnes. Il faudra une heure au cortège, qui klaxonne l’indicatif "Algérie Française", pour arriver au monument aux morts. Boulevard Baudin : pluie de confettis. Plateau des Glières : Minute de silence rompue par une salve du "DE GRASSE". Le général De GAULLE, manifestement ému, lève les bras en V. La marseillaise est chantée en coeur.

15h : le général de GAULLE reçoit le CSP. Après les discours il précise : "... Le Ministre de l’Algérie c’est moi. Je délègue mes pouvoirs au général SALAN. Quand à mon ami Jacques SOUSTELLE il sera appelé à un haut poste.".

– 19h : De GAULLE arrive au Forum, noir de monde. SALAN puis SOUSTELLE disent quelques mots. Le général De GAULLE doit attendre quelques minutes que la tempête d’acclamations s’apaise : "... Je vous ai compris...Je sais ce qui s’est passé ici. Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte est celle de la rénovation...."
– et le 6 juin 1958 il finira son discours à MOSTAGANEM par ces mots ...."Vive MOSTAGANEM, vive l’ALGERIE FRANCAISE....".
Souvenirs Personnels
Mai 1958 : j’avais 15 ans et j’étais pensionnaire au lycée des Frères ST JOSEPH à EL BIAR. Un jour on a séché les cours et on est descendu sans autorisation à "la kermesse du Forum". Cela nous a valu d’être virés en fin d’année. Ci dessous la photo des "terroristes en herbe ...".

– En haut : GUERITE, ROSEAU, X , CAMILLIERI, LOUVEAU (?) , X , X
– En bas : BERNARDINI , X , MANSION, X , ROUX-PARIS, X , X